Ce vase rouge déploie une présence sobre et verticale, presque totémique. Sa forme cylindrique, rythmée par deux prises latérales discrètes, dialogue avec la profondeur de l’émail, dont les nuances sombres et chaleureuses font vibrer la lumière à la surface.
La restauration au Kintsugi à l’or 24 carats accompagne les lignes de fracture sans jamais les effacer. Elle en révèle au contraire la tension, la trajectoire, la mémoire. Au cœur de cette recomposition, une lacune a été remplacée par une incrustation de journal ancien japonais original, représentant une geisha. Ce fragment de papier, enchâssé dans la matière, introduit dans l’œuvre une présence silencieuse, presque narrative.
L’image apparaît comme un surgissement au sein de la fracture : non pas une simple insertion décorative, mais une figure de passage, de survivance, de réapparition. L’or relie la céramique et le papier, unifie les temporalités, et transforme l’accident en composition.
La pièce joue ainsi sur plusieurs registres : la rigueur de la forme, la sensualité du rouge profond, la délicatesse du papier ancien, et l’éclat précieux de l’or. Elle appartient à cet espace rare où la restauration devient écriture, et où la perte ouvre sur une image.
Par son format de 22 cm, ce vase peut être présenté seul, comme une sculpture de cabinet, ou dialoguer avec d’autres œuvres autour de la mémoire, de la réparation et du fragment.
Une pièce unique, où la fracture devient scène, et où l’absence se transforme en apparition.


















