MU
Œuvre unique — Céramique, verre églomisé, kintsugi et maki-e à l’or 24 carats
À l’origine de Mu, un vase en céramique blanche dont la silhouette étagée évoque les pagodes japonaises et les mystérieuses formations sous-marines de Yonaguni. C’est de ce rapprochement avec la légendaire civilisation engloutie de Mu que l’œuvre tire son nom.
Brisé, le vase présentait une importante lacune en son centre. Celle-ci devient une ouverture sur une autre époque, accueillant le portrait d’une geisha photographiée entre 1895 et 1897.
Transférée sur du verre églomisé à la feuille d’or 24 carats, cette photographie acquiert une dimension presque irréelle. La surface miroitante permet au spectateur d’apercevoir son propre reflet aux côtés de la jeune femme, réunissant passé et présent dans une même image.
Une fracture apparue dans le verre au cours de la création a donné naissance à un délicat décor de glycines, réalisé en maki-e, une technique japonaise associant laque naturelle et poudre d’or. Les fleurs traversent la chevelure de la geisha, évoquant les ornements traditionnels kanzashi.
Les fractures de la céramique sont soulignées par un kintsugi traditionnel à l’urushi et à l’or 24 carats, tandis qu’un minutieux travail de restauration illusionniste efface les raccords entre le verre et la céramique.
Mu joue ainsi sur une dualité singulière : certaines blessures sont révélées par l’or, d’autres disparaissent entièrement. À la rencontre de techniques japonaises ancestrales et de procédés contemporains, l’œuvre transforme un objet fragmenté en une composition nouvelle, où la mémoire, l’illusion et la matière se confondent.
Expositions et publication
Mu a été présentée dans l’exposition « Les énergies de la terre » au Musée national Adrien Dubouché, musée national de la porcelaine à Limoges, puis au Centre Keramis à La Louvière, en Belgique.
L’œuvre est également publiée dans le catalogue de l’exposition « Les énergies de la terre ».














