Ce vase japonais noir se situe à la croisée de la restauration, de la sculpture et du collage précieux. Sa forme architecturale, ouverte et presque abstraite, est traversée par une intervention au Kintsugi qui ne cherche pas à effacer la fracture, mais à en faire le point de départ d’une nouvelle composition.
Une lacune de la céramique a été remplacée par une incrustation d’estampe ancienne japonaise originale — et non une reproduction. Ce fragment de paysage, inséré dans la matière même du vase, agit comme une fenêtre intérieure : un monde minuscule apparaît dans la brèche, entre montagnes, eau, architecture et mémoire.
L’or 24 carats relie les surfaces, souligne les ruptures et encadre l’image comme une ligne de lumière. La réparation devient ainsi un geste de recomposition : la céramique, l’or et le papier ancien dialoguent dans une même tension entre disparition et apparition.
La profondeur brillante du noir donne à l’ensemble une présence très contemporaine, presque sculpturale, tandis que l’estampe introduit une temporalité plus ancienne, fragile et poétique. L’œuvre conserve la mémoire de l’objet japonais tout en le déplaçant vers un territoire plus rare : celui d’un paysage réparé, enchâssé dans la fracture.
Par ses dimensions de 20 × 23 cm, cette pièce peut être présentée seule, comme une œuvre de cabinet ou une sculpture murmurée, dans un intérieur contemporain ou une collection dédiée aux arts japonais et à la matière.
Une pièce unique, où la lacune devient image, et où la fracture ouvre sur un paysage.














